L’Artemisia encore appelé armoise annuelle est une plante à utilisation historique surtout en médecine chinoise. De plus en plus de personnes se mettent à cultiver l’artemisia. Elle était autrefois utilisée en médecine traditionnelle pour traiter les fièvres intermittentes. Il s’agit des fièvres périodiques qui apparaissent et disparaissent pendant un temps donné. Ces symptômes étaient à l’époque due à la malaria, une maladie de très longue date et qui continue toujours de faire des ravages. L’Artemisia était donc utilisé afin de traiter efficacement la fièvre causée par la malaria. Depuis plusieurs années, cette plante continue de prouver son efficacité contre plusieurs infections notamment les infections de type malaria, la fièvre étant l’un des symptômes majeurs de la malaria. Dans cet article, nous retraçons pour vous l’histoire de cette plante qui a conquis le monde médicinale aussi bien traditionnel que moderne.

De la maladie au remède

Bien que n’étant pas citée parmi les pires pandémies du monde, la malaria encore appelée de nos jours paludisme faisait ravage depuis de très longues années. Plusieurs pays étaient touchés dont la Chine également qui avait fortement souffert de cette maladie dans la partie sud de son territoire. Le gouvernement chinois de l’époque a lancé un vaste programme de recherches dénommé projet 123 afin que les chercheurs puissent trouver solution à ce mal. C’était donc le début d’une guerre entre un être invisible et les scientifiques chinois.

Le programme de recherche lancé par le gouvernement en 1969 avait à sa tête Tu Youyou, prix Nobel de médecine en 2015. En effet, ce prix lui a été décerné pour ses travaux sur la malaria et l’Artemisia annua. Cependant, plusieurs laboratoires pharmaceutiques un peu partout à travers le monde recherchaient également une molécule efficace pour lutter contre la malaria qui était devenue très résistante à la chloroquine. La chloroquine était une molécule dérivée de la quinine extraite du quinquina. Elle permettait entre temps de lutter contre la maladie.

Mais au bout de quelques années, la maladie avait développé une résistance, d’où l’obligation de trouver un autre remède. Pendant ce temps, la maladie sévissait. Ainsi, des milliers de molécules ont été testées dans les labos afin de trouver le remède miracle, mais en vain.

Dans cette difficulté de trouver un remède dans les laboratoires, Tu Youyou s’était donc orienté vers la médecine traditionnelle chinoise afin de rechercher une solution. C’est dans cette quête qu’elle avait découvert l’Armoise annuelle ou Artemisia. Elle avait même constaté que les provinces chinoises où la plante était utilisée, la malaria n’y était pas. À partir de cette plante, elle avait donc extrait la substance active, l’Artémisinine, ce qui lui a valu son prix Nobel. Cette substance a été utilisée dans la mise au point de plusieurs remèdes dans le monde.

La malaria n’attaquait pas que les populations. En effet, dans les années 1967 lors de la guerre du Viêtnam, la malaria avait fait irruption dans les troupes vietnamiennes. Les soldats mouraient plus de la maladie que de la guerre elle-même. Le commandant des troupes Hô Chi Minh avait demandé de l’aide à la Chine qui d’une manière ou l’autre avait pu trouver un remède face à cette maladie. Après la découverte de Tu Youyou, les Chinois étaient venus en aide aux troupes vietnamiennes pour éradiquer la maladie.

L’Artemisia : la plante miracle

Cette plante miracle découverte par Ti youyou n’avait pas que des propriétés anti-malaria. D’autres propriétés lui sont reconnues. De nos jours, plusieurs polémiques existent autour des différentes propriétés de la plante. Cependant, deux propriétés intéressantes retiennent l’attention. L’Artemisia est un antipaludique très redoutable utilisé jusqu’à nos jours pour traiter le paludisme. C’est l’une des meilleures propriétés de la plante. En effet, le paludisme est causé par un parasite, le plasmodium qui se transmet par la piqûre de moustique. La seconde propriété reconnue à la plante est son activité cancéreuse.

L’Artemisia : efficace contre la malaria

L’Artemisia est une plante, mais c’est le principe actif qu’elle contient qui lutte efficacement contre la malaria. Ainsi, la substance active de la malaria est dénommée l’Artémisinine et peut facilement être isolée de nos jours. Cette substance a fait l’objet de plusieurs études et continue d’ailleurs de l’être.

Cependant, l’Artemisia elle-même fonctionne efficacement contre le paludisme. C’est un point très essentiel qu’il faut souligner vu que les lobbies pharmaceutiques en parlent moins ; sûrement pour un intérêt commercial. Il existe une autre variante de la plante, l’Artemisia afra qui est aussi efficace contre le paludisme bien que ne contenant pas de l’Artémisinine. Ceci veut donc vouloir dire que l’attardement sur le principe de substance active n’est pas donc nécessaire, car en réalité la plante elle-même est efficace contre la maladie.

L’Artemisia contient plus de 20 composants antipaludiques. C’est d’ailleurs ce qui la rend très efficace. C’est sa richesse en antipaludiques qui fait que le plasmodium ne développe pas de résistance comme il le fait avec la monothérapie (la chloroquine par exemple). Notez que l’Artémisinine est difficile à extraire, et il faudra donc un labo pour extraction, ce qui reviendra certainement très cher. En réfutant l’idée selon laquelle la plante entière peut traiter le paludisme, on condamne dès lors les populations les plus touchées et généralement très pauvre : les pays africains, asiatique et sud-américain. Cela est bien dommage, car chaque jour plusieurs enfants meurent du paludisme.

Force est donc de constater que plusieurs pays, surtout les pays pauvres et les plus touchés, n’ont pas attendu qu’on leur vante le mérité de l’Artémisinine. Les populations de ces pays ont fait des expérimentations à partir de la plante. Ainsi, l’infusion de l’Artemisia s’avère très efficace, car elle contient plus d’antipaludique. Plusieurs protocoles ont étés mis en place par ces populations pour traiter la malaria à base de l’Artemisia :

  • En cas de malaria, une infusion de la plante sèche peut traiter le mal. L’infusion se fait le plus souvent avec de l’eau, mais certains conseillent des fois le lait. Le lait faciliterait mieux l’extraction de l’Artémisinine.
  • La teinture de la plante fraîche. Il s’agit ici de faire macérer quelques morceaux de la plante fraîche dans de l’alcool pendant 2 semaines.
  • Extraction du jus de la plante fraîche à l’aide d’un extracteur. Cependant, cette méthode est un peu compliquée.
  • La macération à froid. C’est la méthode traditionnelle et très efficace découverte pas le prix Nobel Tu Youyou.

Ces différentes méthodes citées sont de nos jours utilisées par les populations locales. En effet, les molécules antipaludiques proposées par les laboratoires pharmaceutiques sont relativement cher et pas à la portée de toutes les couches de la population. Ainsi, l’usage ancestral ou traditionnel est priorisé d’autant plus qu’elle est très efficace.

L’Artemisia peut être aussi utilisé en guise de prévention. Cela permet de prévenir la maladie. C’est un moyen de prévention très efficace pour les touristes qui se rendent dans un pays où sévit la maladie. Notez que les touristes européens pour la plupart n’ont jamais fait le paludisme et donc n’ont pas une immunité vis-à-vis du parasite. Alors, autant mieux prévenir que guérir. Même si vous avez l’immunité, vous pouvez toujours faire un traitement préventif.

L’Artemisia : un antioxydant efficace contre le cancer

À ce niveau, ce sont les propriétés de l’Artémisinine qui ont été étudiées. La plante entière n’a pas fait objet d’étude. Cette propriété antioxydante a été étudiée in vitro, c’est-à-dire que les essais ont été faits dans des tubes. Ces essais prouvent que la molécule est capable de détruire toutes les cellules cancéreuses notamment dans le cas d’une leucémie, du cancer du côlon, du cancer du sein, etc.

Nous ne pouvons malheureusement pas lister toutes les études réalisées sur le cancer à base de l’Artémisinine. Il y a en a beaucoup qui ont été faite sur diverses cellules cancéreuses. Il y a par exemple des études réalisées sur le chien pour le traitement du cancer de l’os. Mais les études sur les humains, il n’en existe presque pas.

Rares sont donc les médecins qui prescrivent cette molécule en tant qu’antioxydant dans le traitement d’un cancer. Cependant aux États-Unis, le controversé médecin Len Saputo prescrit l’Artémisinine à ses patients souffrant d’un cancer. Mais ce qui rend sa prescription très controversée, c’est en fait la dose de la molécule. En effet, les doses prescrites par le Docteur Saputo sont très basses comparativement à la dose nécessaire pour le traitement du paludisme.

Bien que des propriétés antioxydantes lui soient reconnues, il n’existe pour lors aucune étude concrète montrant vraiment l’efficacité sur l’homme. Plusieurs études sont en cours et nous espérons d’ici là avoir la preuve.

Pourquoi l’Artemisia est-elle efficace contre le paludisme ?

Autrefois, la malaria se traitait avec une molécule unique, on parle de monothérapie. C’est le cas de la chloroquine, un dérivé de la quinine qui par le passé traitait efficacement la maladie. Mais au fil des années, ayant été souvent traité avec la même molécule, le parasite de la maladie a fini par développer une résistance contre la molécule. L’Artemisia a donc l’avantage de contenir plusieurs antipaludiques dont notamment l’Artémisinine qui est la molécule majeure. Cette richesse en antipaludique empêche donc la maladie de développer une résistance, car elle ne pourra pas résister à tous en même temps.